Vous finissez par arriver à la salle de spectacle. Comme vous vous y attendiez, Amphétamine est là, déjà habillée, plus élégante que jamais. Vous appercevez un technicien [celui qui ne parle jamais] à l'arrière de la scène, s'affairant auxs derniers réglages. Amphétamine s'occupe de ranger des éléments inutiles, Luce prépare les entrées, le mari de la couturière est revenu les bras chargés de costumes, les comédiens s'échauffent. Seul sur les passerelles, le Fantôme contemple calmement tout cette agitation.
Vous avancez d'un pas décidé vers Amphétamine qui ne vous a pas encore remarqué. Soudain, un vacarme retentit dans cette salle où vous n'avez jamais mis les pieds mais qui semble être le hall d'entrée. On entend la voix du deuxième technicien se rapprocher.
Monsieur vous n'avez pas le droit ! Nous avons du travail !
Stupéfaits, tout le monde se tourne vers la porte qui s'est ouverte à la volée. La lumière vous éblouit mais vous distinguez une créature étrange.
Lorsqu'elle s'approche, vous constatez avec répugnance qu'il s'agit en réalité d'un être humain, un homme ni jeune ni vieux, couvert de vêtements différents, plus ou moins déchirés et manifestement empilés au hasard les uns sur les autres. L'homme ne marche pas tout à fait droit et dégage une aura de folie. Vous vous demandez s'il peut être dangereux. Tous le dévisagent. Lui n'a d'yeux que pour Amphétamine.
Celle ci s'est figée. Le foudroie de son regard d'ordinaire si suprêment indifférent. Lui le soutient sans même paraître le remarquer.
Les secondes s'écoulent, s'étirent et s'alonge. Un lourd silence s'installe, comme un mur dressé par Amphétamine entre l'étranger et habitants de son théâtre.
Les yeux ont changé de cible. Tous fixent désormais Amphétamine, muets devant sa réaction.
Le silence s'épaissit, grossit, commence à devenir étouffant. Vous sentez des comédiens s'agiter légèrement derrière vous, quand brusquement tout explose.
Ou plutôt, l'homme explose. Il part d'un grand rire cristallin, rit encore et encore, de plus en plus fort. La joie y est recouverte de peur, la peur est recouverte de tristesse, la tristesse de moquerie, la moquerie d'incrédulité, l'incrédulité de folie.
Le technicien tente de s'approcher mais recule au dernier moment.
Sortez !
Le rire redouble, devient plus grossier, plus grave. La voix de l'homme perce au travers, elle devient rauque et puissante. De repoussants hoquets le prennent. Vous êtes tous extrêment mal à l'aise, gênés par son attitude. Vous ne souhaitez plus qu'une chose, qu'on le chasse, le jette dehors, qu'on le fasse terre, que cela finisse.
Il commence à manquer d'air. La panique se ressent à travers ses soubressauts mais il rit toujours plus, plus fort. Il vacille. Certains amorcent un mouvement pour l'aider mais se ravisent.
L'homme étouffe.
Il s'effondre à terre, riant toujours. Ses joues, lentement se colorent de rouge. Le sang envahit son visage, de plus en plus vif à mesure que son rire faiblit. Dans un sursaut, un hoquet, il crache dernier éclat.
Le rire s'est éteint.
Un long silence suit cet intermède. Plus personne n'ose bouger. Enfin Amphétamine qui n'avait pas manifesté le moindre sentiment détourne ses yeux du corps.
Que quelqu'un me débarrasse de ça.
Amhétamine est partie dignement.
Derrière une porte dérobée, elle s'est esquivée.
Hors de vue, elle s'est effondrée dans les bras de Luce.
Image --> Lu' par moi-même =)
![Un jour, une nuit, le rire éclate sans crier gare. La sentence que vous pratiquiez sur les autres vous revient alors en pleine figure, tout droit, et y pratique quelques dégâts. [Camus, La Chute]](http://b5.img.v4.skyrock.net/b52/dame-amphetamine/pics/2348934257_small_1.jpg)