Qui veut manger un cerveau ? [Boulimie de révisons]

Qui veut manger un cerveau ? [Boulimie de révisons]
On n'a jamais aussi peu appri.

Parce qu'on nous bourre le crâne de plus en plus vite, qu'on enchaîne les feuilles, les polycopiés, les il ne reste que deux semaines et les il faut boucler le programme.

Parce qu'on se force à avaler des trucs insipides qu'on revomira au lendemain des résultats, avec les intérêts.

Parce qu'on se tape un overdose d'intelligence stéréotypée, des dissertations à la chaîne.

Parce que c'est à l'école qu'on deviens des moutons, et cons pour le bonus. En enchaînant les plans de philo, de géo, d'histoire... En battant le record de qui ira les plus vite, qui en écrira le plus. Sans réfléchir.

C'est ça que nous apprend l'école : ne pas réfléchir.

Un maître mot ? L'automate-isme.

# Posté le samedi 24 mai 2008 13:45

Modifié le mardi 24 juin 2008 11:08

Qui a dit qu'Amphétamine vieillirait ? (...) Ca fait parfois du bien de rêver à ce qui n'existe pas.

Qui a dit qu'Amphétamine vieillirait ? (...) Ca fait parfois du bien de rêver à ce qui n'existe pas.
Parce qu'il parait que le rôle de conteuse avec des tas d'enfants autour de moi et d'autres sur mes genoux m'irait bien.

Quand j'aurai beaucoup voyagé et édité plein de livres je m'installerai dans une petite cabane et je raconterai mes histoires. Je serai vieille, pleine de plis et calme. Je ne changerai pas le monde mais sur mes genoux les petits ouvriront des yeux émerveillés et c'est ce qui le rendra plus beau. Et qui sait, peut être les enfants auront-ils le courage de prendre des contes au mot, peut-être ne feront-ils plus comme nous les enfants du futur, peut-être sauront-ils réaliser les rêves de tous les vrais enfants.
Peut-être qu'ils n'obéiront plus sagement aux adultes.
Qu'ils ne passeront plus bêtement leur bac.

Mes contes ne seront ni amers, ni durs, ni tristes.

De tous les mondes, celui du spectacle est le plus réel.

Photo : Le théâtre en chocolat. Bon d'accord l'article est un prétexte pour présenter un autre théâtre. Non ?

# Posté le dimanche 18 mai 2008 14:02

Dans un théâtre qui met en lumière ceux qui restent dans l'ombre, il est légitime de présenter les techniciens.

Dans un théâtre qui met en lumière ceux qui restent dans l'ombre, il est légitime de présenter les techniciens.
Vous vous levez, encore un peu étourdi par le spectacle. Vous avancez fiévreusement sur la scène déjà presque débarrassée, repensant vaguement à la dernière personne avec qui vous avez parlé, pupuce.
En levant la tête, vous appercevez deux hommes, plus vieux que tous ceux que vous aviez vus jusqu'ici dans le théâtre. Eux ne sont pourtant pas si vieux, la quarantaine sans doute. Ils contrastent avec les personnes que vous avez rencontrées ici. Alors qu'un des deux hommes s'éloigne, l'autre, grand et massif, vous fait signe de le rejoindre. Vous grimpez sur l'échelle devant vous et arrivez sur la passerelle. il remmonte un dernier câble que vous reconnaissez comme étant celui de la poupée enceinte, enlevée au préalable par Amphétamine. Précaution qui vous arrange bien, car le côté macabre d'une marionnette sans vie après un spectacle plus qu'en vie vous aurait sans doute un peu effrayé.
L'homme vous sourit en vous tendant chaleureusement une main solide quoi qu'abîmée par son travail. Vous conversez cordialement de choses et d'autres, du spectacle. Il est marrié, a l'air d'adorer sa femme, il a deux filles et un fils. Vous l'imaginez bien en père de famille aimant et aimé, cette vision vous réchauffe le coeur.

Il vous demande depuis combien de temps vous êtes ici.

Vous ne savez plus. Quelques jours sans doute, vous ne sauriez le dire.


- Faites attention, sortez un instant dès que vous le pourrez et le plus tôt possible ou vous resterez ici toute votre vie. Même en sachant que ma femme m'attendait, j'ai failli ne pas ressortir. Cet endroit est dangereux si des gens vous attendent dehors.

Vous demandez pourquoi, et pour quelle raison on ne pourrait pas sortir même si on en avait envie.


- En avez vous seulement envie ?

L'homme a raison, vous ne vous sentiriez pas en sécurité si vous ressortiez.


- Suivez mon conseil, sortez tant qu'il en est encore temps. Peu si vous le voulez, mais essayez d'y parvenir, histoire de retrouver la réalité.

Vous ne saisissez pas, le théâtre est pourtant aussi réel que les rues au dehors. Cependant... l'atmosphère ici est confinée, brûlante. On s'y sent bien voire somnolent, ralenti en tous les cas. Comme si l'on flottait.
Cet homme lui ne reste que le temps de son travail. C'est pour cela, songez-vous, pour cela qu'il vous semble si dynamique, si vif. En réalité et ne 'est pas plus que n'importe qui d'autre, ce sont les habitants du théâtre qui sont différents.


- Suivez mon conseil, poursuit l'homme, j'en ai vu passer des gens ici, vous même commencez déjà changer, vous êtes plus calme que lorsque vous êtes entré.

Vous protestez : vous aurait-on espionné ?

- On voit beaucoup de choses depuis ces passerelles, et il est rare que des gens entrent en dehors des représentations. les gens ici sont fous. Certes polis, doux, attentifs, claivoyants, courtois et aimables, mais néamoins fous. Ils ne sont pas de notre monde. Je travaille depuis vingt ans ici, et certains n'ont pas vieilli d'une année.

Vous demandez qui, l'homme ne semble pas vous entendre. Il poursuit.


- Tenez, Gamine. Elle devient folle de rage si quelqu'un ose l'appeler par son prénom et se méfie des hommes comme le ferait une vieille prostituée. Elle ne tolère que le Fantôme dans ses accès de fureur. Elle parle parfois mieux qu'Amphétamine avec des airs d'enfant de six ans.
Ces gens sont pourtant très gentils et j'apprécie beaucoup leur présence. Seulement, il se passe suffisemment de choses étranges pour qu'elles me fassent peur et m'empêchent de trop chercher à en savoir plus.

A ses paroles, vous repensez vaguement à la petite. Elle vous avait paru tout à fait normale à votre première entrevue, seulement un peu distraite.
Le deuxième technicien revient à son tour. Lui aussi vous tend la main, que vous serrez volontier. Il poursuit la conversation comme s'il avait lui même parlé depuis tout à l'heure
.

- Ce théâtre est suspendu quelque part entre la vie et le temps. N'importe qui n'y entre pas, et quiconque décide d'en sortir ne serait-ce que pour prendre l'air est condamné à ne jamais en faire pleinement partie. Nous sommes un intermédiaire ici et nous mettons en garde les visiteurs tels que vous. Cela agace profondément Amphétamine mais elle comprend malgré tout qu'elle n'a pas la droit de garder des prisonniers s'ils ne savent pas pourquoi ils le sont.
Nous devons repartir, peut-être nous verrons nous demain au spectacle ?

Vous haussez les épaules, plus inquiet que vous ne le laissez paraitre. Saluant les techniciens, vous vous dirigez sur les passerelles, un peu au hasard. Appercevant le fantôme sur l'une d'elle, un peu plus loin, vous redescendez par la première échelle et cherchez la sortie. Vous la trouvez, mais plus difficilement que vous ne l'auriez pensé.

Alors que vous vous apprêtez à franchir la porte, la voix off vous arrête tout net.

Où allez vous donc ?

Vous marmonez vaguement l'excuse de vouloir prendre un peu l'air, furieux de vous sentir plus coupable qu'un enfant pris en flagrant délit la main dans la boîte de bonbons.

Ainsi donc vous souhaitez nous quitter.

La voix off pèse lourd de reproches. Dans un accès de lucidité ressemblant plus à un accès de folie, vous ouvrez la porte et vous jettez dehors.

La lumière vous fait l'effet d'une gifle. L'atmosphère vous provoque un choc que vous assimilez à celui qu'on inflige aux arrêts cardiaques pour les contrer. Vous sentez chaque partie de votre corps et plus encore la pesanteur qui les lie à la terre. Vos poumons se glacent, votre cerveau vous semble tourner en accéléré.
Choqué, vous restez un moment sur place, quelques minutes, ou quelques heures vous ne savez pas exactement.

Une pointe de colère monte en vous. Le théâtre vous a manipulé, lui et tous ses habitants. Vous décidez de partir une bonne fois pour toutes. Vous avancez au bord de la rue, vous apprêtant à traverser quand une voiture passe devant vous à une telle vitesse que vous ne pouvez vous empêcher de penser que le chauffard veut vous tuer. Ce contre temps vous laisse un instant, juste assez long pour vous tourner une dernière fois vers le théâtre.

Sans réfléchir, vous faites demi tour. Il est absurde d'avoir voulu le quitter, quelle folie s'est donc emparée de vous ? Vous repoussez la porte, lourde, et vous réfugiez derrière, là où les voitures n'entreront pas.
Une fois vos yeux réhabitués à la pénombre, la silhouette d'Amphétamine se dessine.


- Auriez vous vraiment eu le coeur de nous quitter ? Non, non, ne répondez pas. Ils sont très gentils mais n'ont pas tout à fait comprit tous les mystères de ce théâtre. Vous pouvez rester ou ressortir tant qu'il vous plaira, mais ne partez plus comme vous l'avez fait, s'il vous plait.
Et tachez de réviser votre jugement à mesure que vous apprendrez nos secrets. Il ne fait bon de juger trop vite, vous n'avez pas encore rencontré tout le monde.

Amphétamine s'éloigne sans attendre une réponse de votre part. Ne sachant trop que faire, vous décidez de suivre son conseil. Pour vous racheter, vous partez à la recherche de la première personne que vous avez offensée à votre arrivée, le fantôme.

# Posté le dimanche 04 mai 2008 10:27

Modifié le samedi 10 mai 2008 14:13

Puisque tout part dans tous les sens...

Puisque tout part dans tous les sens...
J'ai un autre blog. Un purgatoire que je remplis depuis ma troisième. Ca fait long, c'est souvent moche ou violent, trop personnel et je n'ai jamais aimé l'idée de la donner à quelqu'un.

N'étant plus concernée par rien, je me fiche de savoir ce qui se saura. Tant pis pour la morale sauve et la gentille fille qui ne dit jamais rien. A être transparente, autant qu'on sache ce qu'il y a derrière.


A bon entendeur.

# Posté le jeudi 01 mai 2008 06:54

Modifié le vendredi 02 mai 2008 16:03

Après tout ça n'a pas d'importance de n'être qu'une coquille vide, une étoile éteinte, c'est tellement banal.

Après tout ça n'a pas d'importance de n'être qu'une coquille vide, une étoile éteinte, c'est tellement banal.
Et surtout ça n'intéresse personne. A la limite quand on rend toujours ses devoirs à temps et qu'on récolte des félicitations au conseil de classe, ou alors qu'on fait bien semblant. Et encore.

Faut pas s'étonner après qu'on trahisse ses amis comme ultime coup de pub pour qu'on s'intéresse à nous. Même si après peut-être bien qu'on peut se rendre compte que la vie n'était pas si laide que ça quand ils étaient encore là pour nous aider coûte que coûte. On se retrouve après avec des problèmes, toujours les mêmes, mais plus personne pour nous encourager à les porter. Parce que non, ils ne peuvent pas les porter à notre place nos amis. Et là on déprime pour de vrai sauf que cette fois plus personne n'a pitié.

Mais pourquoi tout ça ? Oui, rien de plus ordinaire que tous ces jeunes qui éprouvent un malaise, sauf que avant c'était pas comme ça. Et du coup on parle de malaise sociétal.

A ce problème, plusieurs réponses.

Il n'est pas bien compliqué de constater que rien ne nous fait mourir, nous riches imbéciles. Plus de guerres, de famines, de maladies infantiles qui tuent massivement, plus de parents qui ont connu la guerre, cette guerre qui n'existe plus désormais que dans les livres d'histoire ou à la télévision. Deux "lieux" où tout est irréaliste au possible, loin, vision du monde depuis laquelle il est très facile de rester à l'écart.
Même si en réalité le monde entier est en guerre tout le monde s'en fiche puisque c'est loin de nous. Puisque que c'est à la télé et non pas au bas de l'immeuble.
Alors il faut bien trouver autres chose pour crever non ? Pour appliquer la sélection naturelle, la loi du plus fort.
Et les plus faibles crèvent. De désespoir.
Désespoir certes purement fictif ou alors ridiculement superficiel par rapport aux problèmes du tiers monde mais néanmoins important puisqu'il fait des morts.

Il y a l'autre solution de l'absurdité, qui rejoint finalement la première à laquelle on peut déposer une objection : depuis les années 60 nous n'avons pas encore connu ce phénomène. Non, c'est vrai, les jeunes croyaient encore quelque chose. Il y a eu les combats des femmes, mai 68 ou encore les Hippies, des idéaux, des idoles.
Aujourd'hui, plus rien, le vide total. Des "combats" mais creux. Sauver la planète ? C'est curieux comme ces mots ne sonnent pas. Pourtant ils pourraient faire un bon film d'action, mais là non. L'écologie est autant un effet de mode que le reste. Bienvenue dans me monde de la mode mes frères, il touche tout le monde et est partout, surtout là où on ne l'attend pas.

Alors les gens se demandent à quoi ils peuvent bien servir. Il suffit qu'ils cumulent le sentiment de n'être pas intéressant ou le peu d'attention sociale et la faiblesse d'esprit [par opposition à la faiblesse physique s'entend, pas le peu d'intelligence] et les jeunes se suicident. Ou veulent le faire. Ils aimeraient bien voir leur enterrement, être enfin reconnu et importants, leur heure de gloire. Pas de télé, mais peut-être mieux.
Certains ne passent pas à l'acte, ils n'en ont pas vraiment le courage ou suffisamment de malheur pour cela.

Un drôle d'article qui fait réfléchir tout de même... [magazine Marianne]. ...la deuxième se scarifie pour impressionner ses parents... -_- Encore un problème de société ? Oui, parce que là en plus ça divise les gens. Ceux qui sont "contre", ceux à qui ça fait peur, ceux qui le font et l'exhibent, ceux qui le font et se cachent, ceux qui se font découvrir et à qui ça fait mal d'être assimilés à des ados stupides qui n'ont rien trouvé d'autre. Ceux qui ont peur de se louper et qu'on le prenne pour une tentative de suicide. Ceux qui sont chatouilleux sur le terme. Il y a la même différence entre automutilation et scarification qu'entre anorexie et envie de maigrir pour le monter aux gens. Ben ouais.
Il faut dire qu'en plus l'avenir est loin d'être rose. Fini le temps où l'on espérait encore après la croissance, le rêve américain, les emplois pour les jeunes. Aujourd'hui n'est pas scientifique qui veut et est hautement secondaire qui n'est pas scientifique. Le résultat donne des soumis ou des révoltés. Les soumis qui sont contents de rentrer dans la norme étriquée de leur avenir et malheureux de ne pas s'épanouir, les révoltés qui sont content de ne pas rentrer dans la norme étriquée et malheureux de se sentir sans avenir.

Là interviennent nos chers professeurs. Aberration lorsqu'on découvre qu'un même professeur peut nous dire de nous amuser, de ne pas décrocher du boulot, qui introduisent l'année scolaire en nous disant que je sais dans quelle impasse vous vous trouvez, vous littéraires. Et plaf. Les professeurs nous font travailler à coup de rendez vous l'année prochaine, même si ce sont les même qui disent après qu'on est une classe bien sympathique. Vous avez bien lu, les mêmes.
Tous hypocrites, ils nous font croire qu'ils sont là pour nous aider et nous enfoncent. Après on arrive la bouche en c½ur en nous disant : "mais pense à ton avenir, c'est maintenant !" Oué, ben j'ai pas envie, comment ça c'est pas normal?

Puisque que SI, c'est normal. Tout le monde fait en sorte qu'on n'en veuille pas de cet avenir. Y'a qu'à voir au Japon, c'est exactement le même phénomène en pire. Le même phénomène qu'en Europe, si, si. Orientalisé certes, mais le même. Et c'est normal.

Entre notre belle division / sélection S, L ou ES, on finit tous pareil.

Ça alors, il/elle s'est suicidé, on ne s'y attendait vraiment pas !
-_- C'est trop facile de fermer les yeux, bande d'adultes.

Alors heureux ?

Article écrit d'une traite sans relecture. Pardon pour les fautes, le style bancal ou les répétitions.
Image : toutes les étoiles ne scintillent pas. la plupart sont beaucoup plus ternes mais je tenais à laisser un peu d'espoir. Aussi stupide soit il, il fait pourtant vivre.

# Posté le samedi 29 mars 2008 17:13

Modifié le lundi 07 avril 2008 16:05