Et surtout ça n'intéresse personne. A la limite quand on rend toujours ses devoirs à temps et qu'on récolte des félicitations au conseil de classe, ou alors qu'on fait bien semblant. Et encore.
Faut pas s'étonner après qu'on trahisse ses amis comme ultime coup de
pub pour qu'on s'intéresse à nous. Même si après peut-être bien qu'on peut se rendre compte que la vie n'était pas si laide que ça quand ils étaient encore là pour nous aider coûte que coûte. On se retrouve après avec des problèmes, toujours les mêmes, mais plus personne pour nous encourager à les porter. Parce que non, ils ne peuvent pas les porter à notre place nos amis. Et là on déprime pour de vrai sauf que cette fois plus personne n'a pitié.
Mais pourquoi tout ça ? Oui, rien de plus ordinaire que tous ces
jeunes qui éprouvent un
malaise, sauf que
avant c'était pas comme ça. Et du coup on parle de
malaise sociétal.
A ce problème, plusieurs réponses.
Il n'est pas bien compliqué de constater que rien ne nous fait mourir, nous riches imbéciles. Plus de guerres, de famines, de maladies infantiles qui tuent massivement, plus de parents qui ont connu la guerre, cette guerre qui n'existe plus désormais que dans les livres d'histoire ou à la télévision. Deux "lieux" où tout est irréaliste au possible, loin, vision du monde depuis laquelle il est très facile de rester à l'écart.
Même si en réalité le monde entier est en guerre tout le monde s'en fiche puisque c'est loin de nous. Puisque que c'est à la télé et non pas au bas de l'immeuble.
Alors il faut bien trouver autres chose pour crever non ? Pour appliquer la sélection naturelle, la loi du plus fort.
Et les plus faibles crèvent. De désespoir.
Désespoir certes purement fictif ou alors ridiculement superficiel par rapport aux problèmes du tiers monde mais néanmoins important puisqu'il fait des morts.Il y a l'autre solution de l'absurdité, qui rejoint finalement la première à laquelle on peut déposer une objection : depuis les années 60 nous n'avons pas encore connu ce phénomène. Non, c'est vrai, les jeunes croyaient encore quelque chose. Il y a eu les combats des femmes, mai 68 ou encore les Hippies, des idéaux, des idoles.
Aujourd'hui, plus rien, le vide total. Des "combats" mais creux. Sauver la planète ? C'est curieux comme ces mots ne sonnent pas. Pourtant ils pourraient faire un bon film d'action, mais là non. L'écologie est autant un effet de mode que le reste. Bienvenue dans me monde de la mode mes frères, il touche tout le monde et est partout, surtout là où on ne l'attend pas.
Alors les gens se demandent à quoi ils peuvent bien servir. Il suffit qu'ils cumulent le sentiment de n'être pas intéressant ou le peu d'attention sociale et la faiblesse d'esprit [par opposition à la faiblesse physique s'entend, pas le peu d'intelligence] et les jeunes se suicident. Ou veulent le faire. Ils aimeraient bien voir leur enterrement, être enfin reconnu et importants, leur heure de gloire. Pas de télé, mais peut-être mieux.
Certains ne passent pas à l'acte, ils n'en ont pas vraiment le courage ou suffisamment de malheur pour cela.
Un drôle d'article qui fait réfléchir tout de même... [magazine
Marianne].
...la deuxième se scarifie pour impressionner ses parents... -_- Encore un problème de société ? Oui, parce que là en plus ça divise les gens. Ceux qui sont "contre", ceux à qui ça fait peur, ceux qui le font et l'exhibent, ceux qui le font et se cachent, ceux qui se font découvrir et à qui ça fait mal d'être assimilés à des ados stupides qui n'ont rien trouvé d'autre. Ceux qui ont peur de se louper et qu'on le prenne pour une tentative de suicide. Ceux qui sont chatouilleux sur le terme. Il y a la même différence entre
automutilation et
scarification qu'entre
anorexie et
envie de maigrir pour le monter aux gens. Ben ouais.
Il faut dire qu'en plus l'avenir est loin d'être rose. Fini le temps où l'on espérait encore après la croissance, le rêve américain, les emplois pour les jeunes. Aujourd'hui n'est pas scientifique qui veut et est hautement secondaire qui n'est pas scientifique. Le résultat donne des soumis ou des révoltés. Les soumis qui sont contents de rentrer dans la norme étriquée de leur avenir et malheureux de ne pas s'épanouir, les révoltés qui sont content de ne pas rentrer dans la norme étriquée et malheureux de se sentir sans avenir.
Là interviennent nos chers professeurs. Aberration lorsqu'on découvre qu'un même professeur peut nous dire de nous amuser, de ne pas décrocher du boulot, qui introduisent l'année scolaire en nous disant que
je sais dans quelle impasse vous vous trouvez, vous littéraires. Et plaf. Les professeurs nous font travailler à coup de
rendez vous l'année prochaine, même si ce sont les même qui disent après qu'on est une classe bien sympathique. Vous avez bien lu, les mêmes.
Tous hypocrites, ils nous font croire qu'ils sont là pour nous aider et nous enfoncent. Après on arrive la bouche en c½ur en nous disant : "mais pense à ton avenir, c'est maintenant !" Oué, ben j'ai pas envie, comment ça c'est pas normal?
Puisque que SI, c'est normal. Tout le monde fait en sorte qu'on n'en veuille pas de cet avenir. Y'a qu'à voir au Japon, c'est exactement le même phénomène en pire. Le même phénomène qu'en Europe, si, si. Orientalisé certes, mais le même. Et c'est normal.
Entre notre belle division / sélection S, L ou ES, on finit tous pareil.
Ça alors, il/elle s'est suicidé, on ne s'y attendait vraiment pas ! -_- C'est trop facile de fermer les yeux, bande d'adultes.
Alors heureux ?
Article écrit d'une traite sans relecture. Pardon pour les fautes, le style bancal ou les répétitions.
Image : toutes les étoiles ne scintillent pas. la plupart sont beaucoup plus ternes mais je tenais à laisser un peu d'espoir. Aussi stupide soit il, il fait pourtant vivre.